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La méthode Draghi pour monter en cadence sur les chantiers

Frappée de plein fouet par le Covid-19, l’Italie est le pays européen ayant enregistré la plus sévère récession économique en 2020. Elle affiche aujourd’hui la plus forte prévision de croissance (+6%) des pays du G7. Exportations, consommation des ménages, indice du moral des entreprises…tous les voyants sont au vert, stimulés par un vigoureux plan de relance de 221 milliards d’€ (dont 191 Mds€ de fonds européens). Le plan fait la part belle aux grands chantiers d’infrastructures favorisant les mobilités durables. Près de 61 milliards d'€ seront ainsi consacrés d’ici 2026 à la réalisation d’une quinzaine de grands projets ferroviaires du sud au nord de la botte.  

Au-delà de l’ambition affichée par les financements en jeu, c’est la méthode impulsée par Mario DRAGHI qui retient l’attention des observateurs. Dès son arrivée à la tête du gouvernement en février dernier, l’ancien Président de la BCE a imposé son style. Pour les 151 projets d’investissements et les 63 réformes inclus dans le plan national de relance, le respect de délais stricts conditionne le décaissement des fonds publics et bouscule une bureaucratie italienne réputée pour sa lourdeur. En matière de travaux publics, l’accent est mis sur la simplification et l’accélération des interminables procédures dans lesquelles s’enlisaient bon nombre de projets. Une "salle de contrôle" présidée par Mario Draghi en personne est prévue pour dénouer les points de blocages importants.

En quelques mois, 49 "commissaires extraordinaires" du gouvernement ont été nommés pour accélérer 102 chantiers en retard. Placés sous l’autorité directe du ministre des Infrastructures qui les sollicite pour des points réguliers sur l’avancement des travaux, ces commissaires-ingénieurs ne sont pas des étages bureaucratiques supplémentaires. Ils disposent au contraire de pouvoirs spécifiques censés leur permettre d’obtenir des autorisations plus rapides et de favoriser le resserrement des délais de réalisation. Parmi ces commissaires, Calogero MAUCERI est chargé de la section italienne du Lyon-Turin. Le tracé et le chiffrage (1,9 Md€) des 60 km de ligne sont actés depuis 2017 mais le dossier a été paralysé sous la pression du Mouvement 5 Etoiles en 2018-2019.

Au cours des derniers mois, l’Italie a confirmé à plusieurs reprises sa volonté de livrer la section italienne en même temps que le tunnel transfrontalier sous les Alpes, à l’horizon 2030. Une volonté qui, pour l’heure, fait hélas encore défaut côté français alors que Lyon et l’entrée du tunnel international en Savoie est essentielle pour atteindre les objectifs écologiques de la future liaison.   

Ils ont dit

Directive Eurovignette : « Une avancée importante en vue de réaliser les objectifs de l’UE en terme de climat »

Mardi 9 novembre,...

Mardi 09 Novembre 2021
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