Camille CAVOUR, Président du Conseil du Royaume de Sardaigne, 1857 “Majesté, il faut gouverner pour eux aussi"

Jeudi 17 Septembre 2020

Depuis Hannibal et ses mythiques éléphants, la traversée des Alpes a toujours été une nécessité autant qu’un défi. En 1810, les archives indiquent que le col du Mont-Cenis entre la France et l’Italie a vu passer 2 991 diligences, 14 037 chariots et 37 255 mulets chargés. Un premier projet de tunnel ferroviaire est sérieusement étudié dès 1839, en plein boom des chemins de fer en Europe. Mais c’est 20 ans plus tard que seront engagés les travaux d’un ouvrage reliant la France à l’Italie.

En 1857, déjà, « un trou dans la montagne » inutile et trop cher

Déjà à l’époque, des oppositions s’expriment contre ce « trou dans la montagne », jugé par certains comme inutile et trop cher. Conscient de cette opposition, Victor Emmanuel II, prince de la maison de Savoie (qui n’est pas encore française) et futur roi d’Italie, exprime son hésitation à son chef de gouvernement, le Conte de Cavour : « Conte, il y a beaucoup qui n’en veulent pas ». Et le Conte de répondre : « Mais Majesté, il faut gouverner pour eux aussi ».

Les grands ouvrages sont d’abord une affaire de vision politique. Victor Emmanuel II donne donc son feu vert et c’est en 1957 que démarre le chantier du tunnel entre Modane et Bardonecchia. La technologie de l’époque oblige alors à procéder à un percement le plus haut possible en montagne (1300 m d’altitude) afin de minimiser la longueur de l’ouvrage (13 km).  Cette contrainte a un corollaire : entre le bas de la montagne et le tunnel de faîte, le tracé sinueux de la ligne épouse des rampes parmi les plus sévères d’Europe qui plombent aujourd’hui l’attractivité et les performances du ferroviaire sur cet axe, en particulier pour le fret.

Le deuxième plus vieille ligne des Alpes

Malgré son obsolescence, et en attendant une deuxième révolution avec le Lyon-Turin, le tunnel du Mont-Cenis n’en demeure pas moins un magnifique témoignage des prodiges industriels du XIXème siècle. Il faudra près de 15 ans pour le réaliser. Entamé à la pioche et à l’explosif, le chantier profitera dès 1860 de l’invention révolutionnaire de l’ingénieur savoyard Germain Sommeiller qui met au point une perforatrice automatique à air comprimé. Le tunnel est inauguré le 17 septembre 1871 (gravure ci-contre) dans une ambiance de liesse populaire. Après celle du Semmering (1854) en Autriche, cette ligne est la deuxième à être établie à travers les Alpes. Le premier train commercial à y circuler est un Paris-Rome…qui effectue le trajet en deux jours !    

 

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