ÉTUDE / Le train boosté par le Coronavirus ?

Lundi 25 Mai 2020

Même s’il est encore difficile d’en prendre toute la mesure, la pandémie de Covid-19 aura assurément un impact profond et durable sur le fonctionnement de nos sociétés, à commencer par le secteur des transports. C’est en tous cas la prévision de la banque UBS dans une étude publiée (en diffusion restreinte à ses clients) pendant le confinement et intitulée « By train or plane? The traveller’s dilemma after Covid-19 and amid climate change concerns ». Le banquier suisse, reconnu pour la pertinence de ses analyses et anticipations des tendances économiques, prévoit que « le Covid-19 pourrait accélérer le passage du transport aérien au ferroviaire, en Europe et en Chine ».

Nouveau round pour le match Train vs Avion

Amorcé depuis longtemps pour les vols de courtes distances, ce transfert devrait, selon UBS, prendre de l’ampleur sous le double effet de la prise de conscience de l’urgence climatique mais aussi des contraintes de distanciation imposées dans les transports pour lutter contre la propagation du virus. Une enquête menée par les experts d’UBS auprès de 1000 personnes dans quatre pays européens et en Chine indique que les « voyageurs de loisirs accepteraient des trajets de cinq à six heures de train tandis que les voyageurs d’affaires européens accepteraient désormais des trajets de quatre heures au lieu des deux à trois heures acceptées jusqu’à présent ».

Croissance économique en vue pour l’industrie ferroviaire

L’accélération des transferts de voyageurs de l’avion vers le train à grande vitesse se solderait ainsi par une croissance nulle du transport aérien en Europe d’ici 2028 (contre une prévision de + 4,1% avant la crise sanitaire). Douloureuses pour le secteur aérien, les conséquences économiques seront à l’inverse bien plus favorables au secteur ferroviaire (BTP, constructeurs de matériel roulant et de signalisation, équipementiers…).  « Nous estimons que les perspectives offertes par le marché européen des trains à grande vitesse devraient atteindre 11 Md€ en 2022 (3,5 fois le niveau de 2016), bien supérieures aux prévisions initiales de 5,9 Md€ » indiquent les analystes d’UBS.

L’utilité renforcée du Lyon-Turin

L’étude évoque par ailleurs les lignes structurantes encore non réalisées qui profiteront de cet engouement renforcé pour les déplacements ferroviaires sur le réseau transeuropéen de transports. Parmi les « maillons faibles » identifiés, du fait de l’ancienneté des réseaux existants, la liaison Paris-Francfort… et l’axe Paris-Milan dont l’actuelle portion entre Lyon et Turin pèse sur les performances de la ligne. Rappelons que grâce à une réduction d’au moins 1h30 de temps de trajet, la future liaison Lyon-Turin (qui sera également dédiée au fret) offrira une alternative propre et attractive aux 2 millions de passagers qui prennent chaque année l’avion entre Paris et Milan, à raison d’une cinquantaine de vols quotidiens.

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