Inventer les déplacements durables
La protection de l'environnement est une priorité
de la Transalpine Lyon-Turin. Parce qu'elle assurera le transport
du fret et des voyageurs via le fer, cette liaison européenne
jouera un rôle vital dans une politique de développement
durable.
Comment mettre fin à la dégradation de la qualité
de l'air, comment mieux prendre en compte l'environnement,
comment éviter la mise en danger des hommes sans remettre
en cause la libre circulation des personnes et des biens alors
qu'un rééquilibrage s'impose entre la route
et le rail ?
Moins
de pollution, moins d'impact sur les riverains et un souci
permanent de sécurité et d'intégration
au territoire. La Transalpine, véritable système
ferroviaire multiservice ouvre la voie à un nouveau
concept : les déplacements durables, privilégiant
avant tout les hommes, leurs espaces de vie et d'activités.
Et leur avenir...
Les accidents dramatiques du tunnel du Mont-Blanc et du Tauern
ont mis en lumière la menace grave que fait peser la
croissance continue du transport routier de marchandises à
travers les Alpes. Nuisances, pollutions, risques : face à
une réalité de plus en plus difficile à
supporter "il devient urgent d'apporter
des solutions responsables et réalistes"
comme le souligne Michel Charlet, maire de
Chamonix. Alors que 6000 poids lourds empruntent chaque jour
le Tunnel du Fréjus, un large consensus d'élus
et d'associations en appelent à un choix "raisonnable
et adapté". "Nous ne devons pas sacrifier
nos vallées alpines" plaident en chœur les
responsables alpins.
Les Alpes menaçées d'asphyxie
En proposant de mettre en œuvre le "rééquilibrage
vital de la route vers le rail", la liaison Lyon-Turin
offre une réponse à la saturation annoncée
du réseau routier (voir notre encadré) et au
poids dominant du transport routier (80% du fret français
contre 20% au rail). Véritable alternative, la Transalpine
apporte la preuve que combiner route et rail constitue une
manière plus sûre d'envisager le développement
à long terme du trafic fret à travers les Alpes.
Et plus respectueuse de l'environnement alpin exceptionnellement
fragile et menacé par la pollution (voir encadré).
En proposant "d'aménager sans abîmer"
comme le revendiquait Michel Barnier, en
1997, lors du Colloque "La Transalpine", la liaison
Lyon-Turin s'inscrit résolument dans une perspective
d'avenir "puisque c'est notre
rôle de prendre aujourd'hui des décisions pour
les générations futures".Or, il
se trouve qu'il n'existe pas de moyen plus fiable, plus rapide
et plus réaliste qu'un train pour acheminer voyageurs
et surtout marchandises à travers les Alpes.
L'exemple suisse
D'où l'idée de créer un service "d'autoroute
ferroviaire" en développant le ferroutage et les
ressources offertes par les nouvelles techniques de transport
combiné (transport de camions sur wagons). A tous ceux
qui doutent de la rentabilité du fret ferroviaire,
l'exemple suisse prouve que l'audace peut être réaliste
: dès 2010 quelque 1,4 million de camions seront
sur les rails (voir notre témoignage). Affaire
de volonté... D'autant que si l'on intégrait
dans le coût des péages routiers, le prix réel
des nuisances et dégradations qu'il génère,
on dégagerait des ressources nouvelles en faveur du
développement du rail (selon une étude ces "coûts
sociaux et environnementaux" représenteraient
5% du PNB des pays développés).
Moins de pollution, moins d'impact sur les riverains et un
souci permanent d'intégration au territoire : la Transalpine,
autoroute ferroviaire "verte", entend ouvrir la
voie à un nouveau concept, les déplacements
durables. Tout simplement une autre manière de concevoir
le transport : en donnant la priorité aux hommes et
à leurs espaces de vie et d'activités.
Attention fragile !
Exceptionnellement
riche, le patrimoine environnemental alpin se caractérise
par la fragilité de ses écosystèmes,
déjà menacés par les pollutions.
"Zone très sensible, les
Alpes sont l'exemple type d'une région où les
écosystèmes et l'environnement sont très
vulnérables" conclut l'étude "Transport
soutenable par l'environnement dans la région alpine",
réalisée en France, en Suisse et en Autriche
dans le cadre d'un projet pilote de l'OCDE. "Une vulnérabilité
due à la situation topographique et climatique".
En clair, la forme des vallées (en U et en V) et les
particularités météorologiques empêchent
les émissions résultant des procédés
de combustion de s'échapper. Résultat : "la
pollution atmosphérique et le bruit ont non seulement
des effets négatifs sur l'environnement mais sont également
la cause de risques sanitaires élevés".
"Sur la planète entière, peu de reliefs
élevés sont, du fait de l'économie, dans
une situation aussi vulnérable que les Alpes"
concluait, en 1998, le Conseil Général des Ponts
et Chaussées. En cause, le développement des
transports routiers qui, s'il devait se confirmer, "verrait
les émissions de CO2 progresser de 40 % en 2030".
Un véritable "scénario catastrophe"...
Lyon-Turin roule au vert
Infrastructure européenne stratégique
de transport ferroviaire voyageurs et fret, la Transalpine
Lyon-Turin apporte une réponse globale à la
problématique des traversées alpines. La sécurité
des personnes, la protection et le respect de l'environnement
constituent à l'évidence les qualités
majeures du projet en terme de réponse aux enjeux de
demain.
La protection de l'environnement est une priorité de
la Transalpine Lyon-Turin. Parce qu'elle assurera le transport
du fret et des voyageurs via le fer, cette liaison européenne
jouera un rôle vital dans une politique de développement
durable.
Comment mettre fin à la dégradation de la qualité
de l'air, comment mieux prendre en compte l'environnement,
comment éviter la mise en danger des hommes sans remettre
en cause la libre circulation des personnes et des biens alors
qu'un rééquilibrage s'impose entre la route
et le rail ?
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