Autoroute ferroviaire et route roulante, quel avenir ?
Première opération sur l’itinéraire
Lyon – Turin entre Bourgneuf – Aiton (Savoie)
– et Orbassano (Ouest de Turin), le service de «
route roulante » mis en oeuvre par la SNCF, AREA et
la société Lohr aura le mérite de mettre
sur les rails dès 2003 une expérimentation
de transport intermodal à travers les Alpes.
Toutefois, un wagon ne doit pas cacher la montagne : il existe
bien d’autres systèmes envisageables, techniquement
éprouvés et financièrement intéressants
comme, par exemple, le projet de service d’autoroute
ferroviaire franco-italien proposé par les professionnels
du transport et de la logistique entre Lyon – Vénissieux
et Turin – Orbassano.
Pour se forger une opinion, en voiture tout le monde
!
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allers-retours par jour grâce à une
puis deux rames de 14 wagons, soit de 35 000 à 50 000
camions transportés chaque année en phase d’expérimentation
(2003-2006) : le service de route roulante pourrait, selon
ses partenaires, « transporter
à terme 300 000 camions par an et contribuer à
réduire le trafic routier transitant par la Maurienne
de 20 à 25% ». Ce service s’avère
nécessaire et même indispensable pour faire évoluer
le comportement des transporteurs, et garantir la préservation
de l’environnement et la sécurisation des traversées
alpines.
Le lancement de ce service nécessite la création
d’un terminal de transbordement à l’entrée
de la vallée de la Maurienne : la plate-forme d’Aiton-Bourgneuf
(maître d’œuvre : SNCF, maîtrise d’ouvrage
: les Autoroutes Rhône-Alpes, et des travaux de grande
ampleur sur la ligne existante (renouvellement de voies, renforcement
de voûtes des ouvrages d’art, remplacement de
tabliers de ponts) ainsi que la modification du gabarit du
tunnel du Mont-Cenis (2006).
Le gabarit, c’est précisément la question
qui a amené les ingénieurs de la société
Lohr à concevoir un concept totalement nouveau
de wagon, destiné à ce nouveau mode
de transport combiné. Avec comme équation :
comment permettre aux camions d’une hauteur de 4 m au
maximum (soit 85% du parc européen) transitant par
la France de gagner l’Italie autrement que par la route
?
> Résultat : un wagon double (système
Modalohr, 33 m de long, 40 t à vide) reposant sur trois
bogies classiques et pouvant accueillir grâce à
un chargement latéral soit deux semi-remorques, soit
un semi-remorque et deux tracteurs. Son secret ? Deux poches
surbaissées permettant un chargement latéral,
rapide et simultané, des véhicules. Ce modèle
de wagon présente aussi beaucoup d’intérêt
pour le « transport combiné non accompagné
», c'est-à-dire des remorques seules.
Prendre
en compte les réalités économiques
Pour performante qu’elle puisse être, on peut
regretter que l’Etat français ait fait le choix
d’une seule solution technique, alors que d’autres
systèmes ont été mis en service avec
succès dans d’autres pays européens (wagons
à petites roues).
D’autant que, au bout du compte, le coût des investissements
(10,7 millions d’euros pour la construction de la plate-forme
d’Aiton et 16 millions d’euros pour l’acquisition
des véhicules) et de la mise en œuvre de cette
expérimentation n’est pas négligeable
pour essai.
Autre écueil relevé par les « clients-transporteurs
» eux-mêmes : la mise en place de cette expérimentation
(à partir de la plate-forme d’Aiton) ne prend
pas en compte la vallée du Rhône. Les lieux de
production ou d’utilisation (notamment pour les matières
dangereuses), ne sont pas entrés en considération.
La proximité d’implantation des plates-formes
intermodales avec celle des industriels est pourtant la priorité
dans la qualité de ce service, et c’est un facteur-clé
de la réussite de ce projet…
Il faut donc multiplier les expérimentations :
il est impérieux d’anticiper en privilégiant
une approche globale du programme Lyon – Turin.
Elle doit amener, en parallèle à la réalisation
d’infrastructures, à préparer dès
maintenant tous les aspects de la mise en service en intégrant
les dimensions d’insertion dans le territoire, de prise
en compte de l’environnement, de tarification, de détermination
des sillons de trafics voyageurs et marchandises. Autant de
critères qui permettent d’ores et déjà
d’affirmer haut et fort : le Lyon – Turin
sera intermodal ou ne sera pas.
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