Enrico GIOVANNINI, ex-ministre italien des Transports

Vendredi 21 Octobre 2022

« Notre choix est clairement d’aller de l’avant. Maintenant, c’est aussi au gouvernement français de faire sa part car il y a des retards »

Le nouveau gouvernement italien dirigé par Giorgia MELONI est officiellement entré en fonction le dimanche 23 octobre. Elle devient la première femme de l’histoire du pays à entrer au Palais Chigi pour présider le Conseil des ministres. Son parti « Fratelli d’Italia » et ses alliés de « Forza Italia » et de « La Lega » forment l’armature du gouvernement national-conservateur désormais aux manettes de la troisième économie de la zone euro. Tensions internationales, crise énergétique, inflation, dettes publiques…les défis de la nouvelle équipe sont immenses.

Au cours des derniers mois, anticipant sa confrontation annoncée avec l’exercice réel du pouvoir, la Romaine de 45 ans a considérablement adouci son discours sur bien des sujets, à commencer par celui d’une éventuelle sortie de l’euro qui n’est plus du tout à l’ordre du jour. Le portefeuille stratégique de l’Economie reste ainsi dans les mains de Giancarlo GIORGETTI, connu son tropisme pro-européen.  

Figure rassurante de la formation de centre-droit « Forza Italia », l’ancien Président du Parlement européen Antonio TAJANI hérite des affaires étrangères. Après la nomination de Mario DRAGUI à la tête du gouvernement en janvier 2020, la France et l’Italie avaient entamé une séquence diplomatique qualifiée de « lune de miel » par tous les analystes. En novembre dernier, les deux pays avaient ainsi signé le traité de coopération stratégique du Quirinal.   

Matteo SALVINI, nouveau ministre des Transports

Reste maintenant à savoir quelle tournure vont prendre les relations franco-italiennes après ce changement de casting. Une première rencontre informelle s’est déroulée à Rome dimanche 23 octobre, en marge de la Conférence pour la Paix de la communauté de Sant’Edigio.  

Si le Lyon-Turin n’a pas été évoqué, nul doute que ce grand dossier stratégique ne tardera pas à s’inviter dans les échanges bilatéraux. On le sait, l’Italie a pris une sérieuse longueur d’avance sur la France en ce qui concerne la réalisation de ses voix d’accès au tunnel sous les Alpes. En toute logique, les Italiens entendent mettre en service leur section nationale en même temps que l’ouvrage transfrontalier, et prennent donc progressivement les décisions en ce sens. La semaine dernière, une nouvelle étape a été franchie avec l’inscription dans la nouvelle loi budgétaire d’un chapitre dédié au financement de la section italienne. 

Mais plus l’Italie avance, plus elle s’inquiète des retards pris par la France sur la programmation de ses propres voies d’accès. Ces dernières semaines, la presse transalpine a pointé à plusieurs reprises les lenteurs françaises qui compromettent non seulement la réussite globale du programme mais aussi la possibilité pour l’Italie de pouvoir compter rapidement sur près d’un milliard d’euros de subventions européennes.

Dans des propos rapportés par la Repubblica, l’encore ministre des Transports Enrico GIOVANNINI confiait il y a quelques jours : « Notre choix est clairement d’aller de l’avant. Maintenant, c’est aussi au gouvernement français de faire sa part car il y a des retards ». Il a depuis passé le relais à Matteo SALVINI, nouveau titulaire depuis dimanche du portefeuille des Transports et des Infrastructures.    

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